LOSS-LAYERS


A.lter S.essio - LOSS-LAYERS - excerpts




photo: FP


LOSS (solo / duo / multiple) + LOSS-LAYERS (solo)

Les projets LOSS et LAYERS questionnent des situations de perte (équilibre, repères, contrôle, identité) dans un environnement hostile, puis de façon plus intérieure. C’est la mise en confrontation d’une écriture chorégraphique et d’un espace audiovisuelle envahissant et oppressif. Ces deux combats se déroulent dans des temporalités différentes procédant par contraction ou extension : une accélération constante, une suractivité soumise à la pression, et un ralentissement apparent du corps qui cherche à s’extraire d’états paralysants. Et persiste autour un environnement intense. On y ressent l’absence de repère d’un monde mouvant. L’image se mêle au corps. Le regard navigue entre illusion et réalité. Le spectateur y décèlera peut-être quelques signes et entrera à son tour en résistance, acceptation ou repli face au débordement.

Ces performances se présentent dans un même dispositif restreint, une surface carrée, blanche, éclairée verticalement par la seule source d’une projection vidéo, avec le public autour sur trois côtés ou en disposition frontale. Plusieurs versions peuvent être proposées : LOSS en solo, duo ou multiple et LOSS-LAYERS en solo. La version duo de LOSS a été interprétée par Yum Keiko Takayama, Yoko Higashino, Gianni Joseph, Belle Chumvan Sodhachivy et Pichet Klunchun.

La création de LOSS débute avec la composition de la musique - longue progression vers les limites de la saturation - et de l’image - dessins aux traits simples, organiques et suggestifs, relevant à la fois de la topographie et de l’exutoire émotionnel - tout en ayant à l’esprit l’inscription du corps dans cet espace. La vidéo se construit en une lente métamorphose graphique progressant jusqu’à l’accumulation extrême, accompagnée par le son dans cette escalade. Cette matière a ensuite été confrontée aux propositions des chorégraphes qui ont créé leur propre version selon une partition préétablie de situations et d’états. Le corps à l’origine en osmose avec l’environnement audiovisuel, s’en sépare peu à peu, jusqu’à atteindre dans le vacarme une désarticulation mécanique. Le résultat donne à voir un univers sombre et puissant, où l’on ressent insidieusement la négation de l’être face à l’accélération et à la profusion. Un individu naît, grandit et se bat désespérément. On assiste à une mécanisation, une chosification du corps, de la fusion à l’anéantissement, dans un système sidérant devenu fou qui engloutit tout et ne se nourrit plus que de lui-même. Un nouvel état de corps se révèle alors, comme partie intégrante de cet ensemble envahissant, un accord nouveau.

LAYERS se décline en une série de séquences construites de façon similaire avec plusieurs niveaux de lecture. Sens, matière et énergie s’unissent et suivent la même orientation.

D’abord une lumière vive marquée d’un violent coup de bol tibétain, puis une lente progression jusqu’à la prochaine rupture ou impasse. Chaque arrêt apparent peut se lire comme une mort, un masque ou un état paralysant (terreur, refus, mépris, regret, vacuité, tristesse). Mise en lumière de ce qui pourrait être si bien caché. Or la difficulté ne réside pas tant dans le choc que dans la réaction de l’humain face à tout changement.

Comment continuer ? Peut-être n’est-ce juste qu’une question d’angle de vue, de positionnement. Chaque émotion, chaque paralysie devient mouvement. Le déplacement se fait dans un flux pictural sombre et de longues résonances métalliques, jusqu’au redressement final sous le flot visuel de signes d’une langue inconnue. L’étirement du temps doit laisser aux témoins de cette lutte l’opportunité de plonger en eux- même, ou pas. Résurgence, effacement, lassitude, avancée, résistance et ténacité en sont les articulations.

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This project questions situations of loss (balance, bearings, control, identity) caused by hostile environment. These combat is played out in a subjective time span, contracting, constantly accelerating, in overdrive due to pressure. The surrounding atmosphere is intense. There is nothing to hold on to in a moving world. The images mingle in with the body. The audience can no longer decipher what is real from what is not. First uncertainties then disorder set in, making the audience pick up tiny details and pushing them towards resistance or acceptance of this disorder.

The performance is played in a restrained setting : a white square, lit up vertically by the light source of a video projection with the audience seated on three sides. A frontal audience is also possible. Several versions can be played : LOSS in solo, duo or multiple, and LOSS-LAYERS in solo. The duet version has already be played by Yum Keiko Takayama, Yoko Higashino, Gianni Joseph, Belle Chumvan Sodhachivy, and Pichet Klunchun.

For LOSS, after having composed the music, FP decided to work on the images from the drawings of Matthieu Levet. His style is simple, organic and suggestive. Working together on the video, they evolved from a slow graphic metamorphosis to the extreme accumulation of images. They shared their ideas with those of Yoko Higashino and Yum Keiko Takayama, each respectively choreographer and performer of her own version. The fragile body, initially at one with the multimedia environment breaks away little by little, reaching a climax of excruciating noise and a mechanical disjointedness. The result gives us an insight into a dark and powerful universe in which we feel the invisible pull of acceleration, profusion and negation of the human being. A character come to life, grows and begins the desperate combat until destruction and maybe a new body state.

LAYERS is made up of a series of sequences all built in a similar fashion with several possible levels of interpretation. Senses, energy and matter are one and the same.

First, a sudden glare marked by the violent stroke on a Tibetan bowl, then the slow, dark progression to- wards the next breakdown or dead-end. Each dead-end can be interpreted as death, as a mask or as a paralysing state (fright, refusal, contempt, regret, vacuity, sadness) ; a spotlight on a situation that could easily remain hidden. The difficulty resides not so much in the transition but in the reaction of the person faced with change.

How to carry on ? Perhaps it is simply a question of the angle of vision or a particular positioning. The movement takes places in an obscure pictorial flow and within the progression of the music, in long metal- lic resonances, until the final turnaround in the stream of visual signs of an unknown language. We move from a simple sensation to the concretisation of the latter. Each emotion becomes movement, built on its own ruins, with its source from the butoh technique for ‘Yum’ Keiko Takayama’s version. Upwelling, erasure, lassitude, advancement, resistance and tenacity all figure at some point.



LOSS (solo)

Conception, direction, audio & visual creation: Fabrice Planquette
Choreography, performance: Yum Keiko Takayama
Costumes: Yum Keiko Takayama, Yoko Higashino
Drawing: Matthieu Levet
Guitar: Pierre Fruchard

GUESTS LOSS (duo)

Choreography, performance: Pichet Klunchun, Belle Chumvan Sodhachivy, Yoko Higashino, Gianni Joseph

Yum + Pichet Klunchun (Thailand)video 
Yum + Belle Chumvan Sodhachivy (Cambodia)video 
Yum + Yoko Higashino (Japan)video 
Yum + Gianni Joseph (France)video 

Production: Panem Et Circenses 2009

Partnership: Maison de la culture d’Amiens, Conseil Régional de Picardie, Nuit Blanche Amiens, La Lune des Pirates, Fées d’Hiver, La Tannerie

Duration: 25 minutes



LOSS-LAYERS (solo)

Conception, direction, audio & visual creation: Fabrice Planquette
Choreography, performance: Yum Keiko Takayama
Costumes: Yum Keiko Takayama, Yoko Higashino
Drawing: Matthieu Levet, Cécile Attagnant
Guitar: Pierre Fruchard

Production: Panem Et Circenses 2009

Partnerships: Maison de la culture d’Amiens, Conseil Régional de Picardie, Nuit Blanche Amiens, La Lune des Pirates, Fées d’Hiver, La Tannerie

Duration: 45 minutes